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Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

Chaque année, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes rappelle l’ampleur d’un phénomène qui touche des millions de femmes dans le monde.

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Qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou numériques, ces violences ont des conséquences sur la santé, la vie sociale et l’activité professionnelle de ces femmes. À l’occasion du 25 novembre, il est essentiel de rappeler que repérer, prévenir et accompagner constituent un enjeu majeur de santé publique, mais également de santé au travail. 

Une réalité inquiétante

Les violences faites aux femmes demeurent une réalité préoccupante. Selon les estimations internationales, près de 70 % des femmes y sont confrontées au cours de leur vie. Elles trouvent leurs racines dans les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes et prennent des formes multiples : agissements sexistes, harcèlement moral, sexiste ou sexuel, violences psychologiques, physiques ou sexuelles, agressions, viols, mais également, de plus en plus, violences numériques.  

 

Le monde du travail n’est pas épargné 

Les comportements sexistes et le harcèlement sont également une réalité dans la sphère professionnelle. En Europe, 6 femmes sur 10 déclarent y avoir été confrontées. En France, une femme sur 2 affirme avoir subi des comportements sexistes au travail. 

Ces agissements peuvent prendre diverses formes : remarques déplacées, plaisanteries à caractère sexuel, surnoms familiers non sollicités, regards insistants, attitudes de domination ou encore contacts physiques non désirés.  

Le harcèlement moral constitue également une forme de violence pouvant se manifester par des critiques répétées, des humiliations, des propos calomnieux, une mise à l’écart, un isolement ou l’attribution de tâches dénuées de sens.   

Souvent banalisés, ces comportements participent à l’installation d’un climat de domination, portent atteinte à la dignité des personnes concernées et peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé et le parcours professionnel des victimes.  

 

La progression des violences numériques

Le développement des outils numériques a favorisé l’apparition de nouvelles formes de violences. Les femmes peuvent être victimes de cyberharcèlement, d’usurpation d’identité, de diffusion non consentie d’images intimes ou encore de contenus truqués créés à l’aide de l’intelligence artificielle (deepfakes). Selon les estimations internationales, entre 16 % et 58 % des femmes déclarent avoir déjà subi des violences ou du harcèlement en ligne. 

 

Des conséquences importantes sur la santé et l’activité professionnelle 

Ces violences ont des répercussions majeures sur la santé physique, psychique et sociale des victimes et peuvent entraîner : 

  • Des blessures et douleurs chroniques ; 
  • Des conséquences sur la santé sexuelle et reproductive ; 
  • De l’anxiété, du stress, une perte d’estime de soi, un sentiment de dévalorisation ; 
  • Des troubles du sommeil ; 
  • Des troubles psychologiques pouvant induire des comportements dépressifs ou addictifs ;  
  • Des conséquences dans la sphère relationnelle et familiale. 

Ces situations affectent également la vie professionnelle :  

  • Difficultés de concentration ; 
  • Fatigue ; 
  • Manque de vigilance ; 
  • Augmentation du risque d’accidents du travail ; 
  • Absentéisme ou encore désengagement professionnel. 

 

Comment accompagner une victime ?

L’accompagnement précoce est essentiel pour limiter les conséquences des violences sur la santé et favoriser l’accès aux dispositifs de protection. Les victimes doivent pouvoir bénéficier d’une écoute attentive, bienveillante et sans jugement, ainsi que d’un accompagnement médical, psychologique, social et juridique adapté à leur situation. Cette démarche est d’autant plus importante que seules 7 % des femmes victimes de viol, de tentative de viol ou d’agression sexuelle déclarent avoir porté plainte. 

L’employeur peut s’appuyer sur son Service de prévention et de santé au travail (SPST) lorsqu’une salariée est confrontée à une situation de violence, de harcèlement ou d’agissements sexistes. 

 

Le rôle du médecin du travail 

Le médecin du travail : 

  • Écoutera la salariée dans un cadre confidentiel et bienveillant ; 
  • Évaluera les conséquences des violences sur sa santé et sa situation professionnelle ; 
  • Conseillera la salariée sur les démarches adaptées à sa situation ; 
  • Proposera, si nécessaire, des aménagements du poste ou des horaires de travail ; 
  • L’orientera vers des professionnels ou des structures spécialisées ; 
  • La mettra en relation avec l’assistante sociale du secteur ACMS.

 

Le rôle de l’assistante sociale ACMS

L’assistante sociale : 

  • Écoutera la salariée dans un cadre confidentiel et bienveillant ; 
  • Évaluera sa situation personnelle et professionnelle dans sa globalité ; 
  • Informera la salariée sur ses droits et l’accompagnera, si nécessaire, dans ses démarches administratives et juridiques ; 
  • L’orientera vers des professionnels ou des structures spécialisées adaptés à ses besoins (soutien psychologique, aide financière, hébergement, prise en charge des violences intrafamiliales).

Des dispositifs nationaux d’aide et d’écoute sont également à disposition des victimes. En cas d’urgence, elles peuvent contacter le :  

  • le 17 : police et gendarmerie ;
  • le 3919 : numéro national d’écoute, d’information et d’orientation pour les femmes victimes de violences ;
  • le 116 006 : numéro national d’aide aux victimes ;
  • le 114 par SMS : numéro d’urgence accessible notamment aux personnes sourdes, malentendantes ou dans l’impossibilité de parler.

 

Le rôle de l’employeur : prévenir, agir et protéger

L’employeur a l’obligation de protéger la santé physique et mentale de ses salariés.

À ce titre, il doit notamment :

  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les faits de violences faites aux femmes ;
  • Mentionner dans le règlement intérieur les dispositions du Code du travail relatives au harcèlement sexuel et aux agissements sexistes ;
  • Mettre en place une procédure interne de signalement et de traitement des situations signalées ;
  • Informer et sensibiliser les salariés, les stagiaires, alternants et les candidats à l’embauche ;
  • Former les managers et les représentants du personnel ;
  • S’appuyer sur les ressources de son Service de prévention et de santé au travail pour développer ses actions de prévention.

Aucun signalement ne doit être minimisé. Chaque situation est à prendre en compte et doit faire l’objet d’une analyse rapide afin de protéger la victime et d’éviter toute aggravation.

Le harcèlement sexuel constitue un délit pénal passible de sanctions pouvant aller jusqu’à des peines d’emprisonnement et des amendes.

Vous êtes confronté à une situation de violence, de harcèlement ou d’agissements sexistes au sein de votre entreprise ? Votre Service de prévention et de santé au travail ACMS peut vous accompagner dans la prévention, le repérage et la prise en charge de ces situations.

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