Le dispositif comprend :
- Un élément chauffant
- Une batterie (au lithium)
Les recharges contiennent des e-liquides composés :
- De propylène glycol et/ou de glycérine végétale
- De différents arômes contenant divers produits chimiques
- Éventuellement de nicotine (taux maximal de 20 mg/ml en Europe)
Contrairement à la cigarette classique, la cigarette électronique ne contient ni goudrons ni monoxyde de carbone et expose à une quantité bien moindre de métaux lourds. Elle reste néanmoins source de composés organiques volatils dangereux pour la santé respiratoire.
Les chiffres en France
Selon Santé Publique France :
- Environ 3 millions de personnes utilisaient régulièrement une cigarette électronique en France en 2022, soit environ 5,5 % de la population
- Un tiers des travailleurs consomme des produits du tabac
- 41,2 % des 18-75 ans déclarent avoir déjà expérimenté la cigarette électronique
- 5,5 % des 18-75 ans en ont un usage quotidien
Quels sont les dangers de la cigarette électronique ?
Il est difficile d’évaluer précisément l’impact du vapotage sur la santé humaine. Les substances chimiques présentes dans les aérosols varient selon :
- Le type de dispositif
- La température
- Les ingrédients du liquide
- La qualité du produit
- Les habitudes de l’utilisateur
Cependant, plusieurs effets peuvent déjà être signalés.
Avec le liquide :
- La cigarette électronique pourrait être un moyen d’initiation des jeunes au tabac.
- Elle peut induire une dépendance au tabac chez les utilisateurs de liquides contenant de la nicotine.
- Sa place comme moyen de sevrage du tabac est discutée (moins efficace que les prises en charge classiques).
- L’existence de métaux lourds dans les liquides de recharge (cadmium, plomb, cuivre, arsenic, chrome) est considérée comme nocive pour la santé humaine, bien que les taux soient inférieurs aux concentrations définies par les autorités réglementaires.
- Divers métaux contaminants (nickel, chrome, étain, aluminium) peuvent également se retrouver dans les aérosols à mesure que l’élément chauffant en métal se détériore.
- Des données recueillies lors d’études sur les animaux et les humains portent à croire que les cigarettes électroniques sont susceptibles de causer des changements génétiques et des dommages à l’ADN, mais de plus amples recherches sont requises pour déterminer les risques de l’utilisation à long terme des produits de vapotage sur le développement du cancer, mais aussi des maladies cardiovasculaires et respiratoires.
- Les Canadiens ont décrit dès 2019 la maladie pulmonaire associée au vapotage (MPAV) qui n’est pas une maladie infectieuse, mais une pathologie grave qui peut nécessiter une assistance respiratoire, causée par l’usage de certains produits de vapotage.
- Les études suggèrent que les aérosols des vapoteuses peuvent induire une inflammation gingivale et nuire à la santé bucco-dentaire.
Avec le matériel :
- Une batterie au lithium peut exploser même si cela est rare (1 fois sur 10 millions).
- Une cigarette électronique non éteinte lorsqu’elle n’est pas utilisée peut causer des risques de brûlure, voire d’incendie.
Il est conseillé d’éviter :
- D’utiliser des produits de vapotage obtenus auprès de sources illégales ou non réglementées, (en raison du manque de contrôle ou de surveillance et pouvant induire des risques supplémentaires pour la santé et la sécurité) ;
- De modifier les produits de vapotage ou d’y ajouter des substances non prévues par le fabricant ;
- De recommencer à fumer des cigarettes alors que vous vapotez des produits contenant de la nicotine.
Que doit faire l’employeur ?
- Informer de l’interdiction de vapoter dans tous les lieux fermés et couverts constituant des lieux de travail, y compris les bureaux individuels.
- Tenir compte des risques d’incendie ou d’explosion liés à certaines activités (stockage ou manipulation de produits inflammables ou explosifs).
- Mettre en place une signalisation apparente sous peine d’amende pour le responsable des lieux et les personnes qui vapotent malgré l’interdiction (Arrêté du 21 juillet 2025, JO du 22 juillet – Article R. 3512-2).
- Utiliser un modèle de signalisation accompagné d’un message sanitaire de prévention (Article R. 3512-3).
- Intégrer ces informations dans le Règlement Intérieur.
- Faire respecter l’interdiction.
- Mentionner le numéro national d’aide à l’arrêt Tabac Info Service : 39 89
Quelle obligation n’a pas l’employeur ?
La mise en place d’emplacements réservés aux fumeurs n’est pas obligatoire. Toutefois, si cette possibilité est envisagée, elle doit faire l’objet d’une consultation préalable du Comité Social et Économique (CSE), s’il existe, ou à défaut des délégués du personnel ainsi que du médecin du travail. Cette consultation doit être renouvelée tous les deux ans.
Que peut faire l’employeur ?
Assurer la prévention
- Mettre en place une campagne positive et collective fondée sur l’esprit d’équipe
- Encourager le soutien des non-fumeurs
- Proposer des affiches et des flyers
Encourager le sevrage dans l’entreprise
- Créer des challenges internes
- Inciter à respecter un mois sans tabac (un arrêt de 30 jours multiplie par 5 les chances d’arrêt définitif)
- Encourager la participation à la manifestation annuelle « Mois sans tabac » qui a lieu chaque année en novembre
Le saviez-vous ?
Arrêter de fumer à 40 ans améliore l’espérance de vie de 7 ans et arrêter à 60 ans améliore l’espérance de vie de 3 ans.