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Les Français et les troubles musculo-squelettiques (TMS)
Avec près de 20 000 cas reconnus en 2000, les TMS constituent la première cause de maladies professionnelles en France comme dans la plupart des pays européens. Ils sont en progression dans beaucoup d’entreprises. Face à l’ampleur de ce phénomène, l’ANACT (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail) a réalisé avec l’institut CSA un sondage auprès de 1 000 salariés français sur leur perception des troubles musculo-squelettiques.
Premier enseignement de ce sondage, le terme de « troubles musculo-squelettiques » est connu de la majorité (55%) des personnes interrogées , pourtant 35% seulement savent exactement ce que celui-ci recouvre. Deuxième enseignement, les salariés semblent être fortement exposés aux TMS, puisque sept personnes interrogées sur dix déclarent ressentir au moins une douleur relative aux TMS.
Les principales localisations sont : le dos (50%), l’épaule et la nuque (45%), le poignet (25%), le genou (17%) et le coude (16%). Tous les secteurs d’activités et toutes les catégories socio-professionnelles sont concernés ; mais les plus touchés sont les ouvriers, les salariés des secteurs du BTP et de l’industrie/énergie, et ceux qui cumulent plus de 20 ans d’ancienneté. Concernant l’intensité de la douleur et la gêne engendrée, 22% déclarent ces douleurs "fortes ou insupportables" et 65% disent être gênés (un peu ou beaucoup).
De nombreux facteurs de risques professionnels
Plus de trois salariés sur quatre attribuent les TMS à l’exercice de leur métier (25% en totalité et 52% en partie).
Les facteurs de risques professionnels susceptibles de favoriser les TMS ne manquent pas puisque 96% des salariés sont exposés à au moins une contrainte organisationnelle ou biomécanique : travail dans l’urgence (74%), sentiment d’être débordé (58%), confrontation à des aléas, incidents et dysfonctionnements (50%) pour les contraintes organisationnelles. Position statique (40%), gestes répétitifs (39%), gestes minutieux (33%), efforts physiques (32%), postures inconfortables (31%) pour les contraintes biomécaniques.
Toutefois, ce sondage montre également qu’une majorité de salariés a le sentiment de bénéficier de facteurs protecteurs vis-à-vis des TMS, comme l’autonomie dans l’organisation du travail, le soutien des collègues (moins souvent celui de la hiérarchie), une bonne formation ou une certaine liberté de mouvement.
De lourdes conséquences
Le questionnaire met par ailleurs en évidence la difficulté d’aborder le sujet des TMS dans la sphère professionnelle. Peut-être parce qu’il constitue un aveu de faiblesse de la part du salarié, celui-ci est peu enclin à évoquer son problème avec son supérieur hiérarchique (30%), les représentants du personnel (19%) ou les responsables des ressources humaines (14%). Le salarié choisit d’abord son médecin traitant pour en discuter (81%) et, dans une moindre mesure, le médecin du travail (62%) et les collègues (62%), ces derniers assurant avant tout un rôle d’écoute.
Enfin, les TMS ne sont pas sans conséquences pour les salariés, puisque 32% ont des arrêts de travail pour cette raison, 6% quittent leur emploi, 8% engagent une reconversion professionnelle, 17% bénéficient d’un poste aménagé et 15% d’une organisation de travail modifiée.


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